Bouger plus et mieux pour vivre mieux

“Movement is life, and life is movement”. C’est autour de cette injonction que s’articule la philosophie d’Ido Portal, figure phare et fondateur de “la culture du mouvement”. Son concept est simple : réapprendre à notre corps le mouvement, et par le mouvement, se le réapproprier à travers toutes ses possibilités.

Notre corps est fait pour bouger, se mouvoir dans l’espace, aptitude mise à mal par une société en proie à la sédentarisation. Réseaux de transports en commun de plus en plus développés, activités passives, notre corps est plus que jamais prisonnier de ces différents carcans, résultats de notre mode de vie qui limite et jugule l’ensemble de ses facultés physiques.

Notre corps est une machine à se mouvoir, façonnée pour courir, sauter, marcher, rouler, actions dont dépend étroitement notre bien-être physique et mental. L’immobilité dans laquelle il s’enferre au fur et à mesure de nos “activités inactives”, véritable paradoxe de notre époque, nous appelle à repenser ce mode de vie sédentaire et ces habitudes passives néfastes pour notre organisme.

Dès lors, il faut replacer le mouvement au centre de notre vie quotidienne, car il est la clé de notre santé.

Plus de confort, moins de mouvement

L’évolution de nos modes de vie, marquée par la quête d’un confort toujours plus grand, est responsable du processus de sédentarisation, qui consiste en l’accumulation de toute une série de comportements passifs.

En d’autres termes, la sédentarisation de nos sociétés se traduit par une importante inactivité physique. La réduction au minimum de la dépense physique est saisissable au quotidien, lors de nos déplacements, par le fait de prendre l’ascenseur au lieu des escaliers, ou encore de leurs préférer l’escalator dans le métro. Selon une étude de l’Organisme National de l’Activité Physique et de la Sédentarité (ONAPS), pour un public de 18 à 79 ans, seulement 1 personne sur 2 pratique une activité physique favorable à la santé.

Le temps de travail est lui aussi marqué par la disparition du mouvement. En effet, l’accroissement d’activités professionnelles sédentaires amène à une surreprésentation de la position assise. Ainsi, un quinquagénaire, dans le cadre de son travail, resterait assis en moyenne 12 heures par jour.

Notre temps de loisir est lui aussi touché par ce phénomène au vu du développement d’activités récréatives passives, comme la lecture, les jeux vidéo ou encore la télévision, qui ont un effet notoire sur notre santé.

A cela se combinent de mauvaises habitudes alimentaires. Une alimentation saturée en mauvais sucres et mauvaises graisses, nuie au bon fonctionnement de l’organisme, notamment au niveau du système hormonal. Ainsi, le fast-food, les plats préparés et autres produits industriels, qui se sont largement imposés dans nos assiettes, participent grandement à la détérioration de notre santé et au renforcement du phénomène de sédentarisation.

En cela, face au phénomène de sédentarisation, le mouvement apparaît comme une condition essentielle pour maintenir une bonne santé et un bon physique.

Le mouvement, au cœur de notre santé

“ La sédentarité, comme facteur de risque collectif, est passée devant le tabagisme car elle touche davantage de monde. Le fait d’être sédentaire augmente les facteurs de risques cardiovasculaires classiques, comme le surpoids, le diabète, l’hypertension artérielle, […] ”. Les propos du  Professeur Michel Galinier, chef du service de cardiologie au CHU de Toulouse, sont notamment repris par une étude de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM).

En effet, l’étude souligne que “ dans une population non sélectionnée de sujets âgés de 50 ans, l’espérance de vie sans diabète est augmentée de 2,3 ans pour des sujets modérément actifs et de 4 ans pour des sujets très actifs par rapport à des sujets sédentaires ”. Si le lien entre mouvement et santé physique ne cesse d’être mis en avant, la position assise maintenue plus de trois heures par jour étant à l’origine de 3.8% des décès, le fait de bouger régulièrement améliorerait par ailleurs notre santé mentale.

Notre société étant basée sur des valeurs telles que la performance, et le dépassement de soi, l’esprit de compétition qui en découle génère stress et angoisse chez une grande partie d’ente nous. Ainsi, l’exercice physique apparaît comme un moyen efficace pour décompresser, et assurer dans un second temps un sommeil de meilleure qualité et donc une meilleure forme physique et mentale.

Du fait que le mouvement s’impose comme indispensable d’une bonne santé, il est important de l’appliquer au quotidien, et ce, de différentes façons.

Bouger plus, bouger mieux

En matière d’activité physique, les recommandations actuelles pour la population active est de 30 minutes de marche rapide par jour minimum. Pour atteindre cet objectif, il suffit simplement de revoir nos méthodes de déplacement.

Préférons un mode de transport dit actif. Délaissons le bus  et marchons, optons pour le vélo plutôt que la voiture. Les trajets en seront légèrement plus longs, certes, mais notre sensation de bien-être n’en sera que meilleure.

Cela peut et doit, bien évidemment, s’articuler avec des pratiques sportives plus intenses dans le cadre d’un sport tels que la natation, l’athlétisme, le cyclisme, des sports de combat ou d’équipe, et tout autre sport de salle type fitness, qui permettent à la fois une bonne dépense énergétique et une sollicitation du corps différente de la routine subie au quotidien (marche uniquement + position assise prolongée).

Certaines activités sportives sont plus intéressantes que d’autres pour notre santé et le bon fonctionnement de notre corps. Les sports à haute intensité et qui stimulent l’ensemble de la masse musculaire permettent d’améliorer considérablement notre condition physique. La gymnastique, l’haltérophilie, le judo, la lutte, la capoeira, la boxe, le rugby, l’athlétisme, la natation en sont de très bon exemples.

L’interdépendance entre mouvement et habitudes alimentaires implique la nécessité d’adopter de nouveaux comportements de vie. Privilégier les fruits et légumes de saisons, se défaire des produits industriels et autre aliments ultra-transformés aux propriétés hyperglycémiantes et caloriques, permettrait de pallier le développement de l’obésité ou encore du diabète. Les effets sur notre organisme n’en seront que bénéfiques, notre corps disposant de tous les apports nécessaires pour entrer en mouvement et dans de bonnes conditions.

EN CONCLUSION

Le mouvement est un enjeu sanitaire et social autour duquel gravitent tous les acteurs sociaux. Société en proie à la fixité, notre santé est plus que jamais mise à mal, jour après jour, par le processus de sédentarisation.

“ Bouger ”, action pourtant si commune et si banale, est aujourd’hui une nécessité pour l’ensemble de la population.  C’est pourquoi, il s’agira au quotidien, dès que possible, de réveiller ces corps engourdis afin d’améliorer nos conditions d’existence d’un point de vue physique et mental.

Prendre à nouveau conscience de son corps en mouvement, d’un corps qui se veut vivant, se fera par le choix d’un mode de transports actif, d’une pratique sportive régulière et intense, et d’une alimentation repensée. Le mouvement est au coeur de notre santé tout comme notre santé est au cœur du mouvement.